Vous avez sûrement rencontré au détour d’un reportage, d’un article ou autour d’une table le terme de « polluants éternels », plus connus sous le sigle PFAS. Mais que sont ils exactement et quels sont leur impact sur notre environnement et notre santé ? La réponse n’est pas aisée tant les PFAS (de l’anglais per and polyfluoroalkyl substances que l’on prononce « pifasse ») regroupent une vaste famille de plusieurs milliers de composés chimiques, dont les points communs sont leur persistance (due à la solidité des liaisons carbone-fluor) dans les milieux naturels et leur toxicité pour l’Homme. Si les pesticides dans le domaine agricole sont souvent montrés comme exemple, il faut savoir que ces molécules se retrouvent dans l’air, les sols, les eaux dont l’eau potable, et par effet d’accumulation logique dans la chaîne alimentaire (les plantes et les animaux dont ceux qui sont comestibles pour l’homme).
La pollution par les pfas n’est pas nouvelle
Antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs, ces substances sont largement utilisées depuis les années 1950 dans diverses applications industrielles et produits de consommation courante : textiles, emballages alimentaires (ex : le plastique), revêtements adhésifs (comme notre si pratique poêle téflon), cosmétiques voir même les produits phytopharmaceutiques pour ne citer qu’eux…la liste est longue. Ce n’est effectivement qu’avec le recul nécessaire, au fil des décennies, que la communauté scientifique s’est penchée sur les conséquences de ces « polluants éternels » à force d’études et d’expérimentations, aidée par le développement d’outils à haute technologique de plus en plus pointus.
Sont-ils préoccupants pour notre sante ?
Les travaux scientifiques sur certains PFAS connus montrent qu’ils peuvent avoir des effets délétèrent pour l’être humain : augmentation du taux de cholestérol, cancers, infertilité masculine et sur le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins, etc. Ils sont également suspectés d’interférer avec le système endocrinien (thyroïde) et immunitaire comme l’énumère le site du Gouvernement français et l’ANSES. En décembre 2023, le Centre international sur le cancer (CIRC) n’a pas hésité à classer définitivement le PFOA (sous groupe du PFAS) « cancérogène pour l’Homme » ;
Sont-ils pour autant une fatalité?
La situation est si préoccupante que les pays ont dû légiférer et mettre en œuvre tout un arsenal de lois, décrets et directives. Ainsi on peut noter des avancées majeures suite à la Convention de Stockholm (2001), accord international visant à encadrer certains polluants organiques persistants et réglementant plusieurs composés de la famille des PFAS au niveau mondial. La production et l’utilisation du PFOS sont restreintes depuis 2009 à une liste d’usages spécifiques qui peuvent être acceptés (ex : photo-imagerie, certains revêtements photorésistants, fluides hydrauliques pour l’aviation ou encore certains appâts à insectes à destination agricole…).
Par ailleurs un autre sous groupe du PFAS fortement toxique, le PFOA, est interdit à l’import, à l’export, à la production et à l’utilisation depuis 2020 en Europe. Par ailleurs la directive cadre européenne sur l’Eau de 2020 fixe des normes strictes quant à la surveillance et le contrôle des eaux, dont l’eau potable. En ce qui concerne la réglementation dans les aliments sont encadrées certaines denrées d’origine alimentaires, depuis janvier 2023 comme les poissons, mollusques, crustacés, œufs, viande et abats d’animaux de boucherie, de volailles et de gibier. En cas de non conformité, les produits ne peuvent être mis sur le marché à la vente. Enfin les travaux des centres de recherches financés par les Etats, les investissements financiers massifs des grands groupes industriels, agroalimentaires et pharmaceutiques tentent ensemble de coopérer afin de trouver des alternatives aux PFAS par le développement de produits plus écologiques « bio »… même si tous s’accordent à dire que la lutte sera longue et demandera des moyens financiers colossaux pour « réparer la planète » et ainsi garantir la sécurité sanitaire maximale des personnes. Comme l’a si bien conclu Louis Schweitzer, ancien président de Renault et écrivain « le développement durable n’est ni une utopie ni même une contestation, mais la condition de survie de l’économie de marché ».
(Sources : ANSES, le FIGARO et articles de magazines environnementaux divers)
Frédérique WELMANT, Bénévole SREPEN