Protéger la rivière des Marsouins 

La SREPEN CONTRIBUE A LA PReservation DE CETTE RIVIère abritant de nombreuses espèces menacées.

Le Défi

L’eau est considérée comme une source de vie pour l’Homme et de nombreuses espèces aquatiques et terrestres.

L’eau que nous utilisons pour nos besoins provient essentiellement de deux sources : les nappes phréatiques ou les eaux de surface.

L’Île de la Réunion compte 24 cours d’eau principaux.   

La rivière des Marsouins (RDM) est une des 13 rivières pérennes.  Elle traverse plusieurs types de paysages aquatiques et terrestres abritant des joyaux de notre patrimoine naturel.

Elle parcourt la zone exceptionnelle de la Forêt de Bois de Couleurs des Hauts inscrite au patrimoine mondial (UNESCO.) Il était important de procéder à une protection forte car la Rivière des Marsouins constitue un écosystème dynamique présentant une succession de milieux servant d’habitat à de nombreuses espèces endémiques protégées ou menacées.

Notre action pour la protection de la Rivière des Marsouins

À la Réunion, les besoins croissants en eau et en électricité ont conduit à l’installation de prises d’eau superficielles nécessaires pour l’alimentation en eau potable de la population, l’irrigation agricole, la production d’énergie (hydroélectricité) et la construction de digues qui permettent d’atténuer les crues, protégeant ainsi la population. Ces interventions sur les cours d’eau ne sont pas sans impact sur l’environnement. En effet, les ouvrages fragilisent les cours d’eau, représentent de véritables obstacles pour la circulation naturelle des sédiments et celle des espèces amphihalines (espèces dont le cycle de vie est alterné entre eau douce et milieu marin). Ces espèces et les milieux qui les hébergent sont donc menacés du fait de la pression exercée par les facteurs anthropiques et climatiques.

La SREPEN (Société Réunionnaise pour l’Étude et la Protection de l’Environnement) s’est engagée pour la protection et la préservation de la Rivière des Marsouins, de ses différents biotopes et espèces qu’elle abrite.

À l’issue d’un long travail d’expertise la SREPEN obtient la publication d’un arrêté préfectoral le 31 décembre 2015 afin de protéger la rivière des Marsouins (classement en Liste 2). En effet, d’après l’état des lieux réalisé en 2013 par le SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux), la Rivière des Marsouins était en mauvais état. Cela était dû à une forte pression des ouvrages hydroélectriques sur le fonctionnement de la rivière.

En 2016, la SREPEN-RNE a été à l’origine de l’abandon du projet de construction d’une nouvelle unité de production hydroélectrique par EDF, Takamaka 3, sur la Rivière des Marsouins (action juridique).  Il a donc été mis en évidence que le projet Takamaka 3 n’était pas compatible avec l’objectif d’atteinte du bon état fixé par le SDAGE et le niveau de protection en place.

Dans le même temps, un projet de révision du classement en liste 1 du cours d’eau est proposé en 2017. L’objectif est de reconnaître sa forte valeur écologique et la nécessité de maintenir la continuité écologique à travers une protection réglementaire dans le cadre des aménagements. L’arrêté préfectoral a été soumis à consultation publique et a amené à un nouvel arrêté préfectoral : Arrêté 2018-1775 du 20 septembre 2018 qui place la partie aval de la RDM en Liste 1 (de la Cascade Arc-en-Ciel jusqu’à l’océan).

La Liste 1 est établie dans un objectif de préservation : cours d’eau parmi lesquels aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s’ils constituent un obstacle à la continuité écologique.  

Géographie

La rivière des Marsouins prend sa source à 2492 mètres d’altitude, sur les flancs du Piton des Neiges, et s’étend sur 30 kilomètres, en traversant la commune de Saint-Benoit, pour rejoindre l’océan Indien.

Lorsqu’elle traverse la route forestière de Bébour- Bélouve, elle est rejointe par une multitude d’affluents dont le débit varie en fonction de la pluviométrie. Quittant la forêt de Bébour, elle arrive au cœur de la vallée de Takamaka située à 800 mètres d’altitude. Son débit est alors accru par les nombreux cours d’eau qui l’alimentent.

Le débit moyen annuel enregistré en 2019 est 10.03 m3/s, il est en augmentation par rapport aux anciens relevés datant de 1995 (9.57 m3/s). On enregistre environ 6 à 7 mètres de pluviométrie par an, ce qui en fait l’un des endroits les plus arrosés au monde.

Dans la vallée de Takamaka, la rivière est marquée par deux barrages hydroélectriques Takamaka  I  (1968), situé en aval et Takamaka II ( 1987) en amont. 

On observe ensuite plusieurs cascades qui peuvent atteindre 40 à 50 mètres de hauteur. Parmi celles-ci : la Cascade Citron, Cascade du Trou, Cascade Gingembre, Cascade Arc-en-Ciel.

De nombreux affluents alimentent la rivière tels que le Bras Patience, le Bras Cabot et le bras Magasin (en rive droite). Lorsqu’elle quitte la vallée de Takamaka, la rivière des Marsouins a quasiment atteint son débit moyen annuel.  À ce niveau, de nombreuses ravines la rejoignent : le bras Fouquet, le Bras Canot, le Bras Mussard.

Deux îlets sont situés sur le cours aval de la rivière des Marsouins : îlet Coco ou Danclas (qui accueille 70 à 80 habitations) et l’îlet Bethléem. Offrant de superbes paysages naturels, ces îlets sont très appréciés pour les pique-niques. La rivière est un cadre idéal pour la pratique régulière d’activités nautiques comme l’airboat, le canyoning et le rafting.

Milieux et espèces

Il était important de procéder à une protection forte car la Rivière des Marsouins constitue un écosystème dynamique présentant une succession de milieux servant d’habitat à de nombreuses espèces endémiques protégées ou menacées.

– Le bassin de la Rivière des Marsouins abrite le plus grand nombre de poissons de l’île. On y retrouve entre autres une espèce endémique et patrimoniale : le Cabot Bouche Ronde (Cotylopus acutipinnis) aussi appelée » bichique ». Cette espèce a fait l’objet d’un inventaire de IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) et se retrouve classée comme espèce « quasi menacée » car elle a perdu plus de 51% de ses effectifs. De nombreuses autres espèces font l’objet de menaces et sont dans un état plus critique, telles que le Chitte (Agonostomus telfairii), ou encore le » poisson plat » (Kuhlia Rupestris)

– Hormis la rivière du Mât, c’est la rivière des Marsouins qui héberge la seconde population d’anguilles de l’île avec des espèces en danger critique telles que l’Anguille du Mozambique (Anguilla Mossambica).

– La rivière traverse plusieurs forêts, lesquelles abritent des espèces végétales telles que des orchidées dont les fleurs de couleur blanche sont idéales pour les insectes. On observe aussi de nombreuses espèces végétales telles que le Branle Vert (Erica reunionensis) ou les Mahots (Dombeya sp.), celui-ci fait l’objet d’un arrêté de protection depuis 1987.

– Dans ces forêts, on retrouve aussi des oiseaux endémiques de l’île de la Réunion comme le Tec-tec et le chakouat ou « zoizo-la-vierge. Ils sont aussi à protéger.

En savoir plus sur la rivière des Marsouins et notre projet

Mon projet pour la Planète : Valorisation d’un cours d’eau pérenne : la Rivière des Marsouins

https://www.monprojetpourlaplanete.gouv.fr/projects/plan-climat/collect/depot-des-projets/proposals/valorisation-d-un-cours-d-eau-perenne-la-riviere-des-marsouins

Notre livret – La rivière des Marsouins et ses richesses

https://www.eaureunion.fr/fileadmin/user_upload/Actualites/2020/LIVRET_RIVIERE_MARSOUINS_SREPEN_VERSION_WEB.pdf

Révision du classement en liste 1 de la Rivière des Marsouins au titre du L.214-17 du code de l’environnement

http://www.reunion.gouv.fr/IMG/pdf/actualisationetudeimpactclassement.pdf

Étude de l’impact du classement des cours d’eau du bassin de la Réunion pour la continuité écologique

http://www.reunion.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/4_Impact_Classements_Reunion_Rapport_Synthese_Finale_v2_cle2b1743.pdf

Crédits

Avec la participation de Bernard ANMPARELA, Bernadette ARDON, Fabrice JACQUARD, Laurent JAUZE, Cindy BASTOL, Office de l’Eau, EDF,